Les Éditions du Sceau Intérieur publient Les Pelures, roman inédit et fragmentaire de Jean Lorrain.
Annoncé par Lorrain comme un « roman de mœurs parisiennes », le livre ne parut jamais. Il n’en subsiste aujourd’hui qu’un ensemble lacunaire : quatre chapitres, des feuillets annexes, et les traces d’un chantier romanesque interrompu. Dès 1885, avant les grandes chroniques plus tardives, se reconnaissent déjà les silhouettes, les surnoms, les poses et les scènes de comédie sociale qui feront de l'œuvre de Lorrain un théâtre de la mondanité fin-de-siècle.
Autour d’un vernissage, d’une redoute Louis XV, d’un atelier de peintre et d’un déjeuner chez une sculptrice dans la dèche, Les Pelures font surgir un Paris de salons, d’ateliers, de journaux, de réputations fabriquées et de cancans. Des types se succèdent sur ce théâtre, artistes plus ou moins talentueux, mondaines et demi-mondaines, hommes de lettres, parasites, financiers et surtout "bas bleus", cette cible majeure de Lorrain.
L’intérêt du texte tient aussi à son inachèvement. Les lacunes, les repentirs, les reprises et les passages parfois devenus illisibles donnent accès à une œuvre en cours, encore prise entre chronique de presse, roman à clefs et fiction satirique.
Le volume associe à l’étude pionnière que Jean de Palacio lui consacra en 2006 la transcription annotée du manuscrit (dont seuls quatre chapitres nous sont parvenus, sur les quinze prévus), une postface critique et un dossier d’annexes établis par Marie-France de Palacio. L’ensemble replace Les Pelures dans l’histoire de la prose de Lorrain et dans celle d’une littérature fin-de-siècle fascinée par les simulacres et les vanités.
Texte fragmentaire, mais texte fondateur, Les Pelures coïncident avec le moment où Lorrain quitte la veine normande des Lépillier pour entrer dans le Paris des salons, des vernissages, de la presse et des mascarades sociales, qui nourriront durablement son imaginaire.
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