Éditions du Sceau Intérieur
Suites et variations autour des huit novellas de Jean de Palacio
Théâtre d’ombres intérieures et fictions allégoriques
(Maison éditoriale privée — ne reçoit aucun manuscrit)
(Maison éditoriale privée — ne reçoit aucun manuscrit)
"Et les yeux sans prunelle paraissaient dire :
que sert d’écrire plus avant ? Ne suis-je pas le Silence ?"
Jean de Palacio, Veturia
Extrait des Ciseaux d'Atropos
2 février 2026
Mise en ligne de la dernière sous-partie de la cinquième section des Clefs de lecture de Veturia :
V/ 3. Tragédies de la duplication
Ou comment la confusion entre original et copie, d’abord apaisante, devient mortifère.
28 janvier 2026
Mise en ligne de la deuxième sous-partie de la cinquième section des Clefs de lecture de Veturia :
V/ 2. Copies et lieu-tenantes.
Cette sous-partie analyse le Double comme lieu-tenant et femme-lige de Veturia.
Jean de Palacio
Photographie © M.-F. de Palacio. Tous droits réservés.
Au cours des vingt dernières années de sa vie, Jean de Palacio a réalisé une œuvre profondément différente de ses travaux universitaires. Après une carrière consacrée à la littérature comparée et à l’esthétique fin-de-siècle, carrière jalonnée de livres critiques, d’éditions savantes et de nombreux articles académiques, il s’est tourné vers une forme courte, narrative et méditative, que l'on pourrait désigner comme "novella", intermédiaire entre le roman et la nouvelle.
Ces huit textes, écrits entre 2004 et 2024, constituent un cycle cohérent, parcouru de lignes de forces et de leitmotive frappants. Chacun de ces petits livres reflète cette écriture très personnelle, marquée par l'amour de l'art et des Belles-Lettres.
– La Haire (2006 ; rééd. 2026)
– Le Portrait (2009 ; réédition Le Beau Jardin, 2023 ; trad. all. A. Beilharz : Das Porträt, Flur Verlag, 2024)
– Ascagne (2012 ; rééd. 2026)
– L’Apparition (2012 ; rééd. 2026)
– Les Ciseaux d’Atropos (2015 ; rééd. 2026)
– Veturia (2017 ; rééd. 2025)
– Journal de Bérénice (2018)
– Hurrah, les morts vont vite ! (inachevé)
Ce site a pour objet d’offrir, pour chaque ouvrage, une page dédiée comprenant :
– une description ou un résumé,
– des extraits choisis,
– une analyse de l’œuvre,
– des documents relatifs à la genèse du texte et/ou à son iconographie,
– un lien vers le livre sous sa version imprimée et/ou numérique.
Bien que Veturia n’occupe pas la première place dans l’ordre chronologique des huit novellas, elle inaugure ce site pour deux raisons essentielles. Il s’agit du premier texte dont une nouvelle édition est proposée aux Éditions du Sceau Intérieur ; par ailleurs, les éditions Flur Verlag, qui ont déjà publié en Allemagne Le Portrait (Das Porträt) dans la traduction d’Alexandra Beilharz, s’apprêtent à traduire et publier Veturia.
Il était donc naturel que Veturia ouvrît ces pages, comme un seuil vers l’ensemble de l’œuvre.
Jean de Palacio ne cessait de remercier son épouse de lui avoir « mis le pied à l’étrier » (sic) cet été-là, à Vianges, en Bourgogne, vingt ans plus tôt, lorsqu’elle l’avait incité à écrire en lui affirmant qu’il avait « des choses à dire ». Elle dut rentrer préparer sa rentrée universitaire, tandis que lui demeurait à Vianges, et c’est dans cette solitude féconde qu'il écrivit ses premières pages. Ce fut l’été de La Haire. Depuis l’enfance, il était fasciné par l’histoire de la haire retrouvée sur La Fontaine mort. Cette image, inoubliable, l’avait accompagné toute sa vie ; dès qu’il se mit à écrire, elle s’imposa comme fédératrice d'une multitudes de motifs obsédants, d'images, de textes, d'impressions emmagasinés depuis des décennies.
Ce texte venait en effet prolonger des velléités beaucoup plus anciennes. Jeune homme, il avait quasiment achévé un roman consacré à Bach. Bien plus loin, enfant de douze ans, il avait composé une tragédie imitée de Racine (sa Bérénice était déjà en germe), dont le titre, composé de deux noms, s'est perdu. Il adopta, dès lors, un pseudonyme littéraire né de son admiration pour Les Aventures du Baron de Fenestre : « Fénestène ». Ce nom, à la fois ludique et intime, lui servait dans l’écriture imaginaire autant que dans la vie quotidienne.
Lorsque son écriture narrative se fixa, ce fut définitif. Elle ne dévia plus, sans qu'il en fût conscient, d'ailleurs. C'était "comme ça", ça venait "sous cette forme" : brève, dense, saturée de références culturelles, mais jamais par ostentation, car Jean de Palacio était le contraire d’un snob. Les allusions étaient la conséquence naturelle d’une mémoire prodigieuse et d’une vie entière nourrie de textes. Lui qui parlait peu, et qui n’appréciait guère la compagnie des autres, était composé de discours autres, depuis les auteurs grecs jusqu’aux poètes roumains. La littérature, bien davantage que la nourriture réelle, constituait son véritable aliment. Il tenait d’ailleurs à distinguer son imaginaire de tout modèle préconçu. Ainsi, il n’aimait guère Mérimée et ne reconnaissait nullement La Vénus d’Ille dans sa propre Veturia. La nouvelle n’y apparaît d'ailleurs qu’en passant, comme pour signifier que l'auteur écrivait non par imitation, mais en suivant son démon, qui prit souvent la forme d'un idéal, un univers qui n'était et n'est pas de ce monde...